Le kombucha : véritable remède contre le cancer ou simple tendance ?

Avez-vous déjà entendu parler du kombucha ? Cette boisson rafraîchissante est aujourd’hui consommée dans de nombreux pays pour ses effets bénéfiques sur la santé humaine. Si la boisson est aussi populaire, c’est qu’elle aurait de nombreuses vertus et qu’elle permettrait de conserver une santé de fer ! Certains constituants du kombucha auraient des propriétés insoupçonnées et participeraient à la lutte contre de nombreuses pathologies. Des recherches montrent que la boisson fermentée permettrait de prévenir les maladies cardiovasculaires, de favoriser les fonctions digestives, de stimuler le système immunitaire, et même de lutter contre certains cancers.

Il est alors important de distinguer le vrai du faux et de mettre en avant les véritables propriétés du kombucha et son rôle face au cancer.

 

Kombucha, boisson fermentée contre le cancer

Le kombucha : une boisson fermentée qui suscite l’intérêt

Le kombucha est une culture symbiotique de trois levures et de plusieurs bactéries. Il est réalisé à partir de la fermentation de thé vert ou de thé noir et de sucre par cette symbiose de levures et de bactéries. Il est donc consommé sous forme de thé que l’on peut acheter dans certains magasins ou que l’on peut également préparer directement à la maison. Après sa mise en culture, le kombucha se transforme en une boisson fermentée pétillante, véritable source de vitamines. De nombreuses études sur les effets du kombucha et de ses principaux constituants sur la santé humaine ont été publiées. Si la boisson est consommée depuis très longtemps dans de nombreux pays, sa commercialisation se développe. L’intérêt croissant de la population pour les aliments fonctionnels a contribué à cette tendance de consommation.

Le kombucha est aujourd’hui largement commercialisé par différentes marques. Cependant, les produits contiennent souvent des conservateurs ou sont pasteurisés. Les bactéries qui pourraient être bénéfiques pour notre santé sont alors détruites et la boisson perdrait ainsi toute son efficacité.

Verre de Kombucha

Quelle est la composition du kombucha ?

Lors de la fabrication du kombucha, les champignons vont progressivement modifier les ingrédients du thé et du saccharose. Selon le mode de préparation, le kombucha peut présenter une composition variée, changeant avec la flore et variétées de bactéries et levures locales. En général, le kombucha est composé d’acétate d’éthyle, d’acide acétique, de lactates et d'alcool (0.5% en moyenne). Il contient également de l’acide gluconique, de l’acide lactique, des acides aminés, de l’acide folique, des enzymes et certains composés antibiotiques (Blanc, 1996 ; Liu et al., 1996).

Une étude a révélé la présence d’acide usnique dans le kombucha (Blanc, 1996). L’acide usnique avait déjà été identifié dans les lichens et il avait été alors mis en avant pour sa capacité à désactiver certains groupes de virus. La concentration dépend du champignon utilisé, du taux de sucre et de la durée de fermentation.

 

Bien être et bienfaits

Quels sont les bienfaits du Kombucha sur la santé ?

Le kombucha a été étudié de manière intensive depuis le 19e siècle. Cependant, ses bienfaits pour la santé ont été majoritairement rapportés suite à des observations et des témoignages individuels (Greenwalt, Ledford & Steinkraus, 1998). La plupart des propriétés du kombucha sont liées à la composition acide de la boisson.

Traditionnellement consommé dans de nombreux pays, le kombucha est réputé bénéfique pour lutter contre les problèmes de digestion mais est utilisé en automédication pour faire face à différentes affections. Certaines personnes vantent les vertus thérapeutiques du kombucha pour lutter contre les troubles digestifs, l’arthrite, l’insomnie, la calvitie, la sclérose en plaques et le cancer.

Il est tout de même important de savoir que l’efficacité thérapeutique du kombucha sur l’être humain n’a pas été prouvée scientifiquement[1]. En 2003, Edzard Ernst a en effet réalisé une revue systématique de toutes les études cliniques humaines publiées sur le kombucha. Il souhaitait alors évaluer son efficacité mais aussi son innocuité. Même si à l’époque, l’étude concluait que les bénéfices supposés ne contrebalançaient pas les risques prouvés liés à la consommation de kombucha, elle a tout de même été reprise en 2014 et a alors avancé la véritable efficacité du kombucha. L’étude a ainsi confirmé certaines allégations : « potentiel énergisant, anti-oxydant, détoxification et récupération après une baisse du système immunitaire ». La consommation de kombucha serait donc une mesure de prévention individuelle[2].

 

Des effets biologiques observés sur les animaux

Si les études cliniques réalisées sur l’homme n’ont pas mis en avant l’efficacité thérapeutique du kombucha, on retrouve des études ayant démontré des effets bénéfiques sur des rongeurs. Cependant, les auteurs précisent bien que les effets ne peuvent pas être extrapolés à l’être humain.

Depuis le début des années 2000, différentes études ont été menées sur des animaux. La dernière étude en date, publiée en 2003 par des scientifiques indiens, met en avant les propriétés antioxydantes et immunostimulantes du kombucha sur des groupes de rats. D’autres études menées en amont avaient quant à elle souligné l’activité anti-stress de la boisson, ses propriétés hépato-protectrices[3] mais aussi sa non-toxicité[4].

Recherche, Kombucha et cancer

Kombucha et cancer : comment démêler le vrai du faux ?

En 1951, une étude menée en Russie par l’Unité centrale de recherche oncologique et l’Académie russe des sciences à Moscou a constaté que la consommation quotidienne de kombucha était liée à une plus grande résistance au cancer. Les chercheurs ont analysé les données statistiques concernant l’incidence du cancer dans les différentes régions de Russie. Certaines régions n’avaient alors aucun cas de cancer. Ils ont finalement découvert que les habitants de ces régions avaient consommé du kombucha pendant de nombreuses années et ont donc fait le lien entre cette consommation et la faible présence de la maladie.

Dans les années 1960, des recherches ont réaffirmé les propriétés anti-cancéreuses du kombucha. Elles ont ainsi mis en avant qu’une consommation à long terme de la boisson pouvait augmenter les performances du système immunitaire et la production d’interféron, une protéine produite par les cellules de l’organisme qui permet de renforcer le système immunitaire et de lutter contre le développement de cellules cancéreuses. En effet, en cancérologie, l’interféron est utilisé dans le traitement de certaines tumeurs : leucémies, cancer du rein, lymphomes, myélomes ou mélanome. On l’utilise alors à doses variables par injections sous-cutanées.

Le kombucha pourrait donc représenter un élément de mieux-être pour les personnes qui souffrent du cancer, et qui sont donc affaiblies. Il est également possible, sous l’avis exclusif d’un médecin, d’associer le kombucha à un traitement contre le cancer. Cependant, la boisson n’est pas curative et elle ne peut pas se substituer à un traitement médical comme la chimiothérapie. Cette bombe de nutriments protège les organes contre les toxines et combat le vieillissement des cellules ce qui permet de prévenir certaines pathologies comme le cancer.

Source :

[1] Edzard Ernst, « Kombucha : a systemic review of the clinical evidence », avril 2003

[2] Vina l, Semjonovs P, Linde R, Denina l, « Current evidence on physiological activity and expected health effects of Kombucha fermented beverage », J Med Food, 2014

[3] Pauline T, Dipti P, Anju B, Kavimani S, Sharma SK, Kain AK, Sarada SK, Sairam M, Ilavazhagan G, Devendra K, Selvamurthy W. « Studies on toxicity, anti-stress and hepato-protective properties of Kombucha tea » Biomed Environ Sci. septembre 200

[4] Vijayaraghavan R, Singh M, Rao PV, Bhattacharya R, Kumar P, Sugendran K, Kumar O, Pant SC, Singh R. « Subacute (90 days) oral toxicity studies of Kombucha tea » Biomed Environ Sci. décembre 2000

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